Une chose est sûre, « The walking Dead » fait aussi marcher les vivants. Cette histoire de « zombies », terme qui n’a jamais été employé dans la série pour des raisons inconnues, jusqu’à ce que Robert Kirkman (créateur de la bande dessinée du même nom) révèle qu’il voulait éviter les références avec le film de ce genre, tout en cherchant à imposer à ses lecteurs que, dans son univers de « The Walking Dead », les fictions sur les zombies étaient inexistantes.

Un sujet prometteur

« Rick Grimes cherche son fils et son épouse alors qu’il sort d’un long coma. Il vient de se réveiller dans un monde devenu apocalyptique, suite à une épidémie qui a transformé la Terre en un véritable champ de bataille entre les vivants et les morts ».

De la bande dessinée à la série télé

La série d’horreur dramatique « The Walking Dead », née de l’imagination du dessinateur de B.D. Robert Kirkman, est diffusée aux États-Unis depuis octobre 2010 et elle est arrivée en France en mars 2011. Une adaptation de sa propre B.D. pour une série télévisée a dû être le summum de l’excitation pour Kirkman, surtout quand il a appris que Frank Darabont était au développement de son histoire de mort-vivants. Mais qui est Frank Darabont ? se diront les novices en matière de cinéma. Originaire de Hongrie, non loin de la Transylvanie, région du fameux comte Dracula, le plus célèbre vampire de l’histoire. Évidemment, les vampires ne sont pas des morts-vivants, mais ils ont tout de même un rapport entre eux, les conflits sanglants.

Donc, Darabont a tout de même un certain attachement à ce qui secoue l’être humain dans ses comportements les plus sombres mais également toutes les ambiguïtés de celui-ci. Ses premiers films en tant que réalisateur sont des histoires adaptées par le roi de l’horreur de la fin des années 70 : le maître Stephen King : « Les Évadés », « La ligne verte », « The mist », et plusieurs séries à succès telles que : « Le jeune Indiana Jones » (beaucoup plus sage). Son troisième film de science-fiction et d’horreur : « The mist » fait d’ailleurs méditer. Son atmosphère angoissante, et les rapports humains des protagonistes, rappellent à n’en pas douter « The Walking Dead ».

Des morts-vivants célébrés en grande pompe

En grande partie tournée dans la région d’Atlanta, la série produite par AMC connaît un succès foudroyant en automne 2012. Deux ans plus tard, la 5ème saison fait une audience record de 17.3 millions de téléspectateurs sur le sol US. « The Walking Dead » reçoit plusieurs nominations aux Golden Globes pour ses qualités techniques et le jeu de ses comédiens, ainsi qu’à la Writers Guild of America Awards. Les critiques spécialisées, pour une série d’horreur, généralement qualifiée de sous-genre, sont dithyrambiques.

Réalisme etc.

Pour quelle raison une série vous accroche-t-elle plus qu’une autre ? Ici, une chose est certaine, si on s’y accroche, difficile d'en sortir indemne. C’est l’horreur à son paroxysme. On peut comprendre que cela repousse quelques personnes aux âmes sensibles, ou avec des convictions religieuses bien ancrées. Frank Darabont, dès la première saison, parvient à nous plonger au cœur d’un monde apocalyptique des plus abominables. Le héros sort d’une sorte de coma et se réveille dans un monde totalement inversé : les morts ont pris la place des vivants, en grande majorité, et vu leur conversation limitée et leur mauvaise habitude de détruire tout ce qu’ils trouvent sur leur passage, il semble être difficile de vivre sur cette Terre ensemble, en totale harmonie. « The Walking Dead » à certes des références cinématographiques des films des années 70 abordant le même sujet : « The Night of the Living Dead », le film le plus marquant dans le genre réalisé en 1968 par George A. Romero. Un must de l’horreur à recommander.

L’avantage de la série, on laisse aux héros le temps de s’exprimer

Mais évidemment, on ne développe pas des personnages à un tel niveau dans un long-métrage de 1h20, même si la première saison ne comporte que 6 épisodes d’une heure. Il faut dire que chaque personnage trouve sa place, plus ou moins bonne dans cette première saison qui se cherche, mais l’histoire de chacun va s’inscrire au fil des épisodes. On pourrait presque croire que le monde apocalyptique n’existe pas réellement, et que nos héros ne vivent qu’une sorte de cauchemar en commun dont ils espèrent sortir un jour afin de retrouver une vie normale. Au fur et à mesure des saisons, la série devient un concentré d’émotions et de nostalgie, une quête d’espoir, mais qui paraît impossible face à des êtres qui n’ont plus rien d’humain. Côté image, elle est travaillée pour accentuer cette impression de guerre. Les images de la série rappellent celles des reportages filmés par les soldats sur les champs de bataille. Elle transpire l’angoisse, la peur, et l’abomination.

Les morts-vivants survivent à 11 saisons

Si l’on est conscient que les épisodes, toutes saisons confondues, sont assez inégaux, la série respire tout de même la qualité d’un travail bien fait. L’efficacité, la tension, son rythme changeant nous donne tout de même l’envie d’aller plus loin avec les aventures de nos personnages dans un monde en partie détruit. Malgré l’interprétation excellente des comédiens, on ressent quelques faiblesses scénaristiques. Moins travaillées, des scènes avec frères redneck (saison 1) font un tantinet clichées, surtout quand ils mettent en avant l’aspect misogyne et leur état psychologique perturbé – en même temps, on le serait à moins dans l’état actuel des choses. Ce qui a peut-être affecté Kirtman qui a réalisé, étonnamment, l’un des épisodes les moins réussis de la saison 1. Le sixième et dernier épisode de la première saison sont, quant à eux, d’une parfaite maîtrise. Un petit bijou de rapports entre les protagonistes. Si la série a pu continuer sur sa lancée, cela est sans doute dû au premier et au dernier épisode de cette saison d’ouverture.

La saison 2, et les suivantes, révèlent quelques surprises. Nos héros errants prennent de l’ampleur. Des personnages que l’on n’attendait pas, tel que l’excellent Shane, approfondissent leur caractère alors qu’à la base, il devait disparaître assez vite de la série. L’autre protagoniste qui a pris du poids est Daryl. Son jeu subtil apporte un nouveau souffle à nos aventuriers contraints de suivre leur destinée, qui semble plus que jamais sans issue. Finalement, malgré un démarrage chaotique (si l’on peut dire) et quelques épisodes laborieux, le travail des scénaristes aura finalement payé. Pour le geek qui a survécu 11 saisons sur les terres dévastées de « The Walking-Dead », des récompenses vous attendent sur notre site Pause Canap, ou directement à notre boutique située à Calais. Nous avons de quoi prolonger votre « horreur ». Outre le t-shirt Walking Dead vous apprécierez nos goodies de la série la plus dévorée actuellement.